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Jardin botanique alpin de la Jaÿsinia

Le jardin du monde

Classé “Jardin remarquable de France”, le Jardin botanique alpin de la Jaÿsinia, et ses 2400 variétés de plantes, propose une promenade poétique à travers la flore alpine et les plantes des montagnes des 5 continents.  Découverte.

Flâner sur les sentiers de ce jardin botanique d’inspiration Art nouveau, qui fait la jonction entre la montagne et la campagne, voilà un des plaisirs offerts à qui découvre Samoëns. Sur ce flanc de colline, au cœur du village, se dégage une impression de liberté et d’harmonie naturelle. Pourtant,  tout ici est maîtrisé, répertorié : « Un jardinier doit savoir être discret, pour que cela ressemble le plus possible au naturel » explique  Christian Chauplannaz,  responsable scientifique et technique de la Jaÿsinia. Ainsi, les pissenlits côtoient des tulipes, et l’ail des ours voisine près de 37 types de pivoines… depuis plus d’un siècle.

Marie-Louise Cognacq Jaÿ, la “bonne Samaritaine”

Unique dans la région, ce jardin est né en 1906 de la volonté d’une femme : Marie-Louise Cognacq Jaÿ. Native de Samoëns, elle fit fortune à Paris en créant avec son mari le grand magasin parisien La Samaritaine. Mais elle n’oublia jamais son village  et acheta un terrain pour construire le Jardin botanique… sur la colline même où elle avait gardé un troupeau de chèvres jusqu’à ses 15 ans !

Une balade sensorielle et dépaysante

Dessiné par le paysagiste Jules Allemand, le jardin serpente à travers 3 km de chemins et offre sur ses 3,7 hectares un panorama de plantes des montagnes du monde entier. L’Europe se découvre avec le chardon bleu des Alpes, ou encore le crocus des Balkans, le Proche-Orient avec le cèdre du Liban. Le séquoia géant ou encore la sanguinaire viennent d’Amérique. L’Asie propose la pivoine du révérend père Delavay ainsi  que le lys des crapauds qui vient du Japon. Des antipodes, on retiendra la véronique arbustive néo-zélandaise. Des noms de plantes qui font rêver… A la Jaÿsinia, vous voyagerez aussi grâce à des parfums surprenants comme celui de l’Arbre à caramel qui, en automne, exhale un doux parfum de caramel quand la rosée se dépose sur ses feuilles tombées au sol…  Vous découvrirez également des fleurs aux couleurs étonnantes, telles ces ancolies au bleu électrique… Et pour parfaire cette balade sensorielle et agrémenter les différents univers de ce jardin, fontaines, cascades, étangs et marais ont été installés à partir d’une source d’eau déviée grâce à des canalisations creusées à la main dans la montagne.

Vous finirez votre parcours par un voyage dans le passé, en découvrant, dans cet écrin de végétation,  la chapelle de la Jaÿsinia, qui date du XVIIe siècle et le château de la Tornalta qui trône au sommet de la colline depuis le XIIe siècle et dont les ruines offrent une vue imprenable sur le village et la vallée du Giffre.

Dans ce jardin hors du commun et hors du temps, les Septimontains confirment qu’ils savent préserver leur patrimoine et leurs racines. Et générer un terreau fertile pour des plantes du monde entier, qui ont  su s’implanter sur un  territoire aux caractéristiques parfois bien différentes de leur milieu d’origine… C’est dire si on se sent bien à Samoëns !

Le jardin botanique alpin de la Jaÿsinia à Samoëns

Un lieu dédié à la science

Les jardins ont toujours inspiré les poètes. “C’est un jardin extraordinaire” chantait d’ailleurs Charles Trenet. Il n’évoquait pas celui de Samoëns mais, parait-il, le Jardin des plantes de Paris, siège du Muséum national d’histoire naturelle… Et il se trouve que la Jaÿsinia est sous la direction scientifique du Muséum ! Un trait d’union entre poésie et science qui sied bien au lieu… Car le jardin botanique a aussi une mission scientifique, remplie par Christian Chauplannaz qui œuvre au sein du laboratoire de biologie végétale, construit en 1935 à l’initiative de Gabriel Cognacq, neveu de Marie-Louise. Pendant la bonne saison, il récupère des graines dans le jardin et dans la nature, les nettoie, rédige un catalogue envoyé à 800 adresses dans le monde (des universités et institutions botaniques qui peuvent passer commande). Ainsi, on peut  trouver en Afrique du Sud des plantes de la vallée du Giffre ! Un échange international gratuit, qui bénéficie aussi à la Jaÿsinia, qui perd 5 à 10 % de ses plantes chaque année, celles cultivées au jardin étant  des espèces botaniques, c’est-à-dire sauvages, qui se trouvent dans la nature et ne sont pas modifiées par l’homme.
Le laboratoire abrite également un herbier de référence.

Télécharger le flyer du jardin botanique alpin de la Jaÿsinia – Flyer Jaÿsinia

Petite visite du jardin botanique alpin de la Jaÿsinia