Un pied en Valais et l'autre pied, côté français
En 1834, Jacques Balmat perdit la vie en espérant trouver de l'or dans le secteur des glaciers du Ruan et du Prazon. Le vainqueur du Mont Blanc avait alors 72 ans. Depuis cette disparition mystérieuse, la légende ne cesse de s'étoffer au pied des montagnes sizères. Qui sait si les parois du Grand Ruan (3 057 m) n'ont pas été témoins de cet accident ?
En empruntant l'itinéraire franco-suisse du Tour du Ruan, les randonneurs confirmés ont tout loisir d'évoquer le sujet mais surtout de profiter d'un circuit à l'époustouflante beauté.
Mais attention ! Le caractère alpin de l'itinéraire s'adresse à des marcheurs au pied marin. Passages équipés d'échelles et de câbles, névés à traverser, cheminement délicat en cas de brouillard, transforment cette boucle en un véritable trek qui n'a rien à envier aux randonnées d'en deçà et d'au-delà des Alpes.
Par ailleurs, le Tour du Ruan constitue une combinaison remarquable des Tours de la vallée du Trient, des Dents du Midi et des Dents Blanches. D'où les multiples variantes que l'on peut décider d'emprunter au gré de ses disponibilités, de la météo, de la fatigue ou des centres d'intérêt. Et si la majeure partie de la balade transite par Champéry en Suisse et par Sixt-Fer-à-Cheval, ses itinéraires bis trouvent trois haltes revigorantes en territoire septimontain : les refuges de Folly, de Bostan et de la Golèse.
Des cascades du Bout du Monde aux traces de dinosaures du barrage d'Emosson, des alpages fleuris de moyenne montagne aux paysages lunaires de haute altitude, des sublimes panoramas s'étalant à perte de vue (Alpes helvétiques, plaine du Rhône, Mont Blanc, Jura, etc.) aux agiles chamois et bouquetins croisés ici et là, le Tour du Ruan n'en finit pas d'épater ceux et celles qui cheminent sur ses pointillés franco-suisses.

