Le grand écart entre verts pâturages et haute montagne
Il faut compter quatre ou six jours pour boucler la boucle de cet itinéraire franco-suisse de toute beauté. Ce circuit joue à saute-mouton sur la frontière administrative séparant la Haute-Savoie du Valais. Une ligne de démarcation toute relative quand on connaît les liens amicaux qui unissent depuis des lustres et des lustres les deux populations alpines. « D'en-çà ou d'en-là on est tous un peu cousins » se plaisent à rappeler les anciens.
Dans ces conditions, le tour des Dents Blanches apparaît comme une superbe randonnée plongeant les montagnards des villes et ceux des champs au cœur d'une vertigineuse chaîne de sommets rehaussés de somptueux paysages, d'étapes chaleureuses, de légendes et de traditions propres à dépayser et émerveiller le plus blasé des alpinistes.
N'est-ce pas au beau milieu de ces terres d'exception qu'un certain Jacques Balmat (le vainqueur du mont Blanc) a disparu à tout jamais en voulant trouver de l'or ? N'est-ce pas entre ces cols et ces alpages que des générations de contrebandiers ont joué aux gendarmes et aux voleurs avec les douaniers pour passer en douce, cigarettes, chocolat et bétail ?
En 1983, l'Association internationale du tour des Dents Blanches (AITDB) est créée pour valoriser et promouvoir ce circuit étalant ses ramifications sur les territoires de Samoëns, Sixt-Fer-à-Cheval et Morzine côté France, Champéry et Evionnax côté Suisse. Ce soutien actif permet de profiter d'un itinéraire bien balisé et de refuges confortables et accueillants à chaque étape : Bostan, Barme, Susanfe, Vogealle et Folly. Le sommet des Dents Blanches culmine à 2 709 mètres d'altitude.
Au printemps, certains tronçons enneigés nécessitent l'utilisation de piolets et de cordes. Mais les moins téméraires peuvent toujours se faire accompagner d'un guide ou parcourir tranquillement les multiples variantes pédestres proposées au départ des communes traversées.

