Culture & Découverte
Pellissier, chausseur de paires en fils
De la petite échoppe tenue dès 1927 par Gustave le grand-père, jusqu’à l’actuelle boutique que gère sa petite fille Béatrice, bien des souliers ont transité par le pont de la Boucherie.
Gustave Pellissier (1902-1989) part faire son apprentissage en cordonnerie à Chamonix. Un métier fort répandu au début du 20ème siècle : la période n’était pas encore au tout jetable.
Dans l’atelier aménagé place du Criou, son épouse Marguerite Chamot tient les cordons de la bourse. Gustave enfile les lacets, fabrique les brodequins, coud le dessus en cuir des galoches, fixe les tricounis sur les semelles. Le savetier se transforme parfois en coiffeur : le raccommodeur de souliers troque alors ses poinçons contre une bonne paire de ciseaux.
En 1947, le couple emménage dans la maison du notaire Favre au pont de la Boucherie. La cordonnerie diversifie ses ventes. Selon la saison, on y vend des bottes de caoutchouc, des pataugas, des charentaises, des espadrilles en toile et des chaussures de ville. Après la guerre, le fils Albert et son épouse Paulette reprennent l’affaire tandis que Gustave continue bien après l’âge de la retraite à bricoler et à retaper les talons déferrés, les semelles usées, les œillets déchirés.
En 1973, les Pellissier décident de raser la bâtisse implantée juste en face de l’entrée du jardin botanique. Durant les travaux, un local est ouvert provisoirement avenue Cognacq-Jaÿ. Le nouveau magasin s’agrandit et s’enrichit d’arcades.
A la fin des années 80, les petits-enfants François et Béatrice envisagent à leur tour de se lancer dans le négoce du mocassin et de la pantoufle.
Trois générations de chausseurs réunies sous le même toit. Les modes évoluent. Place aux après-skis, aux Moon-boots, aux bottes fourrées. Le boom des locations de chaussures de ski conduit la famille Pellissier à créer un second magasin dédié au matériel et aux vêtements de sport.
Faisons confiance à ses 80 ans d’expérience et à sa capacité de bien chausser ses clients. De les lacer sans jamais s’en lasser.
